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En janvier 2003, notre association a lancé une nouveauté : organiser une sortie hivernale en igloos. Cela s’est passé aux cabanes d’Ansabe, au début de janvier 2003, par un froid glacial. En 2019 cela devait être un retour aux sources.

Le site est majestueux, le vallon d’Ansabe, (et pas d’Ansabère) avec en toile de fond les aiguilles du même nom, et un vallon complétement rempli de neige vierge ou presque.

Six vaillants (Anne-Marie, Christine, Martine, Jean, Bernard et André) sont partants pour cette nouvelle aventure.

Dès vendredi Anne-Marie et André décident une reconnaissance sur les lieux où vont se dérouler l’évènement essentiel. Pas de neige au parking de Masousa, un peu de neige jusqu’à pont Lamary, juste assez pour bloquer les voitures, pas de neige après Point Lamary, et enfin neige continue à partir de la clairière vallon de Pedain vallon d’Ansabe.

La cabane d’Ansabe est magnifique dans son écrin blanc, sous un ciel bleu immaculé. Toiture refaite à neuf il y a deux ans, un nouveau poêle qui ne fume pas, une mezzanine pour une dizaine de couchages, et toujours la fontaine et son eau délicieuse.

A l’extérieur, deux couleurs : blanc et bleu. Quatre personnes sont là, entrain de manger. Nous déposons notre stock de buches pour la nuit prochaine et la scie égoïne qui sera bien utile demain. Pendant le casse-croute, une conversation s’engage avec nos voisins de table et nous avons la surprise de faire la connaissance de Mariano Gracia plus connu sous le nom de Mariano et ses célèbres topos. Homme simple, très convivial et amoureux accompli de la montagne. Son site internet est très connu des animateurs de randonnée.

Un petit sondage révèle une bonne couche de neige entre 80 et 120 centimètres. Neige de bonne qualité, idéale pour la construction. Ça se présente bien pour demain. Au retour autre rencontre improbable, Marie Noelle et Michel (qui habite à moins de 500 mètres du lieu) nous font un petit coucou au Permayou. Souvenirs souvenirs…

² Vendredi soir, 30 personnes au gîte Despourrins (niveau1 et 2 et igloos)

Samedi grand départ lourdement chargé comme d’habitude. Départ 972 mètres d’altitude, Cabane Ansabe 1570 mètres. Trois petites

heures pour monter. Casse-croute, installation des sacs dans la cabane, et dès 14 heures au travail. Après concertation, le groupe se lance un défi : construire un igloo six place, du jamais vu. Pari risqué, car si ça ne marche pas, il faudra dormir dans la cabane avec le risque de nouveaux arrivants et de surpopulation. On décide de construite un peu ovale avec un grand diamètre intérieur de 2,6 mètres. Dès les premières pierres, la tache parait immense, comment coiffer un pareil édifice.

Chacun s’active, Martine découvre la taille des blocs et le colmatage. Au bout d’une heure, l’ouvrage progresse, l’igloo est presque à niveau car il est construit sur une pente afin de faciliter le portage. Heureusement il fait soleil cela met de l’entrain. Seize heures les murs sont à 1,4 mètres, On voit encore la tête d’André qui dépasse, mais les travaux semblent bien engagés. Dix-sept heures, ça y est, la clé de voute est enfin posée, l’igloo est complètement fermé, en trois coups d’égoïne Jean perce la porte au sud-est-pour libérer André. L’édifice a très bonne allure, les filles ont bien colmaté l’extérieur.

Il est temps d’aller chercher du bois sec pour la flambée de la soirée. Martine et André partent vers le petit bois du versant sud pour glaner du bois sec très abondant.

Pendant ce temps, Anne-Marie et Martine ajoutent le tunnel d’entrée dans un très pur style grec. Jean et Bernard terminent l’intérieur. Talochage fin des parois (pour éviter le gouttage,) et mise à niveau du sol pour le couchage, plus le puits à froid pour améliorer le confort. Une vraie réussite collective.

Nous rencontrons aussi un petit groupe de trois scouts de Dax qui nous apportent les buches que le groupe 1 leur a confiées. Ils iront jusqu’au col de Pétragème en short et baskets. Un pastis les récompensera de leur gentillesse.

Pendant ce dur labeur, de nouveaux randonneurs ont envahi « la cabane des privés d’Amour », c’est ainsi que s’appelle notre future boite de nuit. C’est d’abord un accompagnateur de la vallée d’Aspe qui arrive, avec sa compagne et Emilio un bébé de quatre moi, sans oublier Youk un petit Fox Terrier. Le feu crépite dans le poêle Rosieres, nos chipolatas en profitent pour se faire réchauffer, il fait presque bon dans ce coin perdu.

La soirée démarre fort avec les ingrédients habituels : pastis, foie gras, vin de noix, jurançon, puis chipolatas, nouilles au fromage, et autres ingrédients tenus secrets.

Et encore deux arrivants, Un accompagnateur d’Espelette et sont fils qui font la traversée hivernale des Pyrénées en skis de randonnée, sans tente, en dormant à la belle étoile, avec cinq jours de vivre dans le sac à dos, pour eux c’est le 47ème jour de randonnée, stupéfiant ! Chacun raconte ses aventures petites ou grandes, Une soirée conviviale, animée, inoubliable.

L’heure du coucher arrive avec son rituel : le papier bulle au sol, pour l’humidité, les matelas gonflables déployés, les duvets, les chaussures enfouies dans un sac poubelle pour mettre au fond du sac de couchage, et les dormeurs des bords s’installent, puis ceux d’à coté et enfin les deux du centre ; Au final, il manque bien trente centimètres pour être à l’aise, mais enfin les six sont casés serrés. Nuit sans problème hormis certaines machines à laver qui ont ronronné par instants…

Réveil à huit heures trente pour un petit déjeuner classique, pain beurre confiture, café thé. Avec un soleil resplendissant et le ciel bleu azur. Petite ballade vers le lac d’Ansabe ? C’est tellement beau que l’on s’arrête souvent pour photographier et bien mémoriser ce relief tout blanc, nous sommes les premiers à tracer dans la neige vierge.

Vers midi, hélas il faut songer à s’arracher à ce paysage de rêve. Un repas encore bien riche, le ménage dans la cabane, la porte refermée soigneusement et en route pour la vallée.

Au bilan : des rencontres improbables avec des vrais montagnards, une équipe soudée qui a réussi un igloo six places (une première pour le club), il ne manquait plus qu’une rencontre avec l’ours. La prochaine fois peut-être. Un seul regret, le forfait de notre ami Hervé, piégé par un méchant lumbago survenu au mauvais moment. Bon rétablissement à toi Hervé.

Adishatz

 

photos de Christine et texte d'André

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