Randonnée du lundi 26 janvier 2026:
St-Médard-en-Jalles (33) – quartier Issac
Avez-vous des lacunes sur les lagunes ? La berle vous donne-t’elle la berlue ?
Agnès nous a conçu un très bel itinéraire de 8 km dans la forêt d’Issac. Aidée de Gaëtan, elle a conduit 39 randonneurs par un temps sans pluie, avec même du soleil. Les sols étaient humides mais pas détrempés grâce au fort drainage par les fossés et cours d’eau.
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Cette randonnée nous a permis de :
- découvrir la lagune du Sorbier, en eau libre, puis la lagune de l’Abyme, toujours visible mais envahie par la végétation arbustive de bouleaux qui habite l’Abyme,
- longer la Berle de la Capette (non vous n’avez pas la berlue...) puis son affluent le ruisseau de Bibey, jolis cours d’eau assez encaissés avec leur pittoresque végétation en tenue hivernale,
- traverser quelques ruisseaux sur des passerelles en bois.
Quelques infos sur Les lagunes des landes girondines :
Le terme «lagune», mot dérivé du gascon «lagua», désigne une dépression dans le sable d’origine naturelle généralement circulaire, de faible profondeur et aux pentes douces. Les lagunes sont alimentées en eau par la nappe phréatique et subissent généralement, au cours de l’année, de fortes variations du niveau d’eau.
Il existe trois hypothèses sur l’origine des lagunes.
Une des hypothèse leur donne une origine glaciaire. Elles seraient le résultat de la fonte de lentilles de glaces apparues lors de la dernière période de glaciation, dont le maximum remonte à 20 000 ans.
D’autres auteurs évoquent
- des origines karstiques, issues de la formation d’affaissement dans les couches calcaires situées en-dessous de la couche sableuse,
- des origines éoliennes (par le vent) car la formation de dunes continentales pendant les périodes glaciaires aurait pu entraîner la création de telles dépressions.
L’hypothèse de la présence de lentille de glace, qui paraît la plus correspondre à la lagune vue en randonnée, peut paraître surprenante. Il faut se mettre dans le contexte de l’époque.
Il y a 20 000 ans, au plus fort de la dernière glaciation, les glaciers pyrénéens remplissaient les vallées, ceux des Alpes allaient jusqu’à Lyon et le nord de l’Europe était couvert d’une calotte continue de glace.
Le niveau de l’océan était 120 m plus bas et la ligne de côte était repoussée de plusieurs dizaines de kilomètres au large. Les vents d’Ouest balayaient une steppe péri-glaciaire et amenaient du sable fin recouvrant de plusieurs mètres les terrains des futures landes girondines. En hiver, les sols étaient gelés et il y avait un petit dégel pendant la courte période estivale. Sale temps pour randonner !
Ces steppes péri-glaciaires étaient parcourues par des animaux adaptés au froid (mammouth, rhinocéros laineux, chevaux, bisons, cervidés et bouquetins). Les représentations de la grotte de Pair-non-Pair en rive droite sont un précieux témoignage de cette époque. La grotte est sur la commune de Prignac-et-Marcamp dont l’emblème municipal est justement un mammouth.
Les lagunes seraient des enfoncements des terrains sableux sous le poids énorme de lentilles de glace accumulées au fil du temps. Ces lentilles sont connues actuellement dans les steppes péri-arctiques sous le nom de pingos. A la fonte très progressive de ces lentilles à la fin de l’ère glaciaire, il subsistera une dépression qui se remplira d’eau de la nappe.
Quelques infos sur le réseau des cours d’eau rencontrés :
Nous avons longé la Berle de la Capette présentant un débit assez fort. Pour l’origine du mot « Berle », voir l’article de Jean-Luc lors de sa randonnée rapide du 7 décembre 2025.
Avec un fil d’eau à environ 41 m d’altitude quand nous la rejoignons, la Berle de la Capette a un écoulement rapide dans une vallée assez marquée car son niveau de base est celui de la Jalle de Saint-Médard qu’il rejoint à environ 21 m d’altitude. Il s’y jette sous le nom de ruisseau de Bonneau après avoir reçu les eaux du ruisseau de Bibey en rive gauche puis du ruisseau de Souge en rive droite. La belle pente de 4,5 m pour 1000 m entraîne un fort courant nous permet d’admirer un joli cours d’eau à l’allure torrentielle sous un beau soleil.
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La présence de mousse blanche flottant par endroit sur le cours d’eau n’est pas d’origine humaine. Il s’agit d’un phénomène naturel.
Ce sont les matières organiques du sol en décomposition et entraînées dans les eaux qui en sont responsables. Lorsque les bactéries décomposent ces matières, les lipides (gras) remontent à la surface en raison de leur densité plus faible que l’eau et de leur caractère hydrophobe (que l’eau ne mouille pas). Ces substances engendrent une réduction de la tension à la surface de l’eau. En présence de remous comme on a pu en voir dans la Berle, l’air se mélange à l’eau dont la tension de surface est réduite, et une mousse blanche épaisse se forme.
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Les savons et détergents causent également l’effet surfactant, et favorisent donc également la formation de mousse. Cependant, la mousse formée par ces produits ne persiste pas aussi longtemps dans l’environnement que la mousse d’origine naturelle, qui peut s’accumuler sur les rives des plans d’eau pendant des heures, voire plusieurs jours.
Texte de Gaëtan
Photos de Gaëtan, Brigitte et Franck
Bulles de Gaëtan
Petite bibliographie grâce aux liens ci-dessous !
Sur la grotte de Pair-non-Pair
Sur la mairie de Prignac-et-Marcamp et son mammouth emblème
Sur les pingos et leur origine
Sur le mot berle, article de Jean-Luc B.
sur l’apparition de mousse blanche (ou écume) à la surface des cours d’eau