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LES JARDINS DES CHARTRONS – 7 Février 2024 – RANDO SANTE


Sous un beau soleil printanier, nous étions 17 à la station Fondaudège-Museum du Tram D, sous les grands micocouliers de Virginie plantés dès 1860 par Tourny, … en prévision du passage du Tram !


La rue Fondaudège, ce chemin des arènes romain, ce Grand Chemin moyenâgeux du Boscat, Tourny le trouvait tortueux et encombré, aussi créa-t-il la rue des Noyers (rue David Johnston) pour le doubler. Autour de la place Gruet, l’Hôtel de Bryas (archevêché au début du 19°S), le Central Garage (successeur de l’agence De Dion-Bouton et Dietrich), et la Maison du Marin (qui a remplacé la pharmacie du Frère Jean Gastélouzard).

Mais savez-vous que ce quartier appelé Salpétrière-Palais Gallien en 1760, abritait un atelier de raffinage du salpêtre destiné à la Manufacture Royale des Poudres de St Médard en Jalles ?
La source d’Odeïa d’origine se cache sous un petit monument (G-J Durand 1827), passage Robert Piqué du nom du chirurgien militaire qui a développé les grands hôpitaux bordelais. Cette source alimente la fontaine Daurade depuis le 17°S.


Le Champ de Mars, cet agora révolutionnaire, a vu successivement les jardins à la française de 1756, un champ de manœuvre militaire, puis le Jardin Public à l’anglaise en 1856, tout cela en un siècle ! La pépinière sollicitée pour fournir de grands arbres fut le Parc de la Chartreuse : transport sur voie ferrée de chaque magnolia et autres cèdres en 4 jours. La tempête de 1999 a abattu certains de ces géants.
Si la statue de Mauriac (1985) a fait l’école buissonnière hors du Jardin Public pendant quelques semaines, en revanche deux des statues originales (déesses ou muses ?) du fronton du Grand Théâtre, y coulent depuis 1880 une retraite paisible, avec Guignol et le Petit-Mousse-2.


La rue du Jardin Public étant obstruée par une grue en migration, nous traversons la paisible place ovale du verrier Pierre Mitchell, dont l’usine a produit dans ce quartier la traditionnelle bordelaise et le jéroboam. Une fontaine Wallace nous permet d’évoquer son donateur et mécène Daniel Iffla, dont le bateau-soupe a précédé le foyer d’accueil Leydé. L’aventure de sa nièce avec Claude Debussy a fait en 1907 les affaires de l’Institut Pasteur et de l’Institut du Radium, qui ont palpé l’héritage à sa place.


Dans la rue Tourat, la vigne pare plusieurs façades ; nous atteignons le chemin de la palu (rue Notre-Dame) au niveau de la Cité Mondiale (du Vin) de Michel Pétuaud-Létang 1991, et des anciens bains turcs du 19°S. Les rues Latour et du Couvent témoignent de la courbure des esteys d’évacuation des eaux des marais, gages de fièvres pernicieuses encore au 19°S.


Alors que nous contemplons l’église St Louis (Charles-Louis Brun 1880), et que nous évoquons son orgue symphonique (Wermer-Maille 1881), un grand quidam au coin de la halle octogonale (Charles Burguet 1869) muni d’un monoculaire sur trépied, nous invite à scruter un couple de faucons pèlerins en train de convoler dans le clocher (Hé oui, les faucons convolent !). Nous avons noté que le mâle a un poitrail blanc sud-européen, alors que la femelle arbore un poitrail rosé caractéristique des espèces du Nord de l’Europe ! Toute la symbolique du quartier des Chartrons !
Au coin de la rue Sicard et du Cours Portal, nous humons une intense effluve tropicale qui nous inspire « le café où le moud-on ? » réponse « Ici ». Tout l’atelier de torréfaction s’étale dans les vitrines.


Avec la rue Frère nous quittons progressivement le 19°S pour le 20°S : Au début de la rue deux façades arborent les symboles maçonniques des architectes des siècles précédents : l’équerre et le compas des bâtisseurs. Puis les façades art-déco de la première moitié du siècle suivant, affichent leurs motifs géométriques et floraux en deux dimensions, avec mention de l’architecte, voire de l’entrepreneur.
Nous entrons dans le parc Rivière et faisons la pause au soleil dans l’enclos de la maison du jardinier. 

Il fait vraiment chaud, les bancs sont accueillants, et Agnès, Christine, Francine et Eliane nous offrent crêpes et macarons, arrosés de café chaud ! La Rando c’est la Santé, la Convivialité et la Bonne Ambiance. Merci à toutes.


Nous contournons les ruines du château (1827) baroque néo-renaissance ( ?) du baron Alfred de Luzes. Cet îlot de verdure deviendra la propriété de la Ville de Bordeaux en 1979. Outre son jardin de curé, cet espace abrite de vieux arbres remarquables dont un cyprès chauve classé.


En quittant le parc, nous apercevons les toitures du Grand Hôtel Labottière (Laclotte 18°S) devenu l’institut Gérard Magrez. A ne pas confondre avec le Petit Hôtel Labottière situé près du Jardin Public. La famille Labottière était Imprimeur-libraire place de l’Ombrière, mais sa prospérité s’est ternie avec la Révolution.
En remontant la rue Laroche, nous longeons ce qui était autrefois une campagne de vergers (de vignes et de figuiers) qui faisait la réputation du quartier. Les lavoirs étaient alimentés par une fontaine (Figueyraux) située sous un genre de petit temple grec qui la protège(Gabriel-Joseph Durand 1832), devant une grande façade qui abritait les bureaux financiers des télécommunications. Maintenant, c’est le collège Cassignol qui occupe cet espace, en face de la Maison des Compagnons du Devoir. L’eau de la fontaine rejoint celle de la Font d’Audège pour alimenter la Fontaine Daurade depuis la fin du 19°S.


Le Lycée Montesquieu, initialement Annexe Longchamp, a investi en 1901 la Maison de Santé Longchamps du docteur Delmas (1819). D’abord collège annexe du Lycée Montaigne, il a pris son autonomie en 1948 en qualité de Lycée Montesquieu.


12h30 Le retour vers le tram se fait à travers le Jardin Public, côté Roseraie et jardin botanique, le long du Musée d’Histoire Naturelle.
Randonner à travers les Histoires de Bordeaux reste un plaisir toujours renouvelé par de nouvelles découvertes. Il suffit de changer de quelques rues pour faire une tout autre promenade.
Alors, à bientôt ?
Amitiés de vos animateurs Rando Santé


Texte de Hervé, Photos de Serge

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