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Sortie 2023-18 : Néouvielle

Lundi 28 août aux environs de midi : à partir de 1800 m d’altitude, nous entrons dans la RnnN.

Est-ce grave docteur ? Pas encore. La RnnN est la Réserve naturelle nationale du Néouvielle. Ben alors, on nage dans le bio ? Sans doute bien autant qu’à Saint-Médard !

Il est vrai qu’au vu de la bande des 18 échappés ici présents, on comprend d’un coup que nous sommes dans une réserve…

Mais pourquoi « Néouvielle » ? Ce mot vient de Nèu vielha, composé de nèu voulant dire « névé, neige », et vielha pour « vieille, ancienne dans le temps ». Merci docteur.

Apparemment, ces derniers jours, il aurait neigé sur les sommets du Néouvielle. Il est vrai que lorsqu’il fait 5 degrés au refuge d’Orédon, la température est négative à 2500 m.

Et maintenant, quoi qu’on fait ? Nous sommes à Orédon, près du lac, et c’est l’heure du pique-nique ! Ouais, mais il pleuvasse. Qu’à cela ne tienne : nous z’allons z’aller nous installer sous l’auvent de la fromagerie proche. Le lieu est étroit mais il y a tout le confort à proximité : toilettes, point d’eau (potable, s’il vous plaît !). Bref, un moment de paradis sous l’œil bienveillant d’un Patou plus soucieux de surveiller nos pique-niques que le troupeau de moutons paissant tranquillement à proximité.

La vaisselle rangée dans les voitures, il va quand même falloir y aller. Où ça ? A la Bast… Non. Voir Aubert et Aumar, deux anciennes connaissances. Depuis le temps qu’ils sont là, rien n’a été fait pour ranger les (gros) cailloux qui traînent sur le sentier. A la seconde laquette, le sentier est tracé tout au bord de l’eau. Avec les pluies récentes, il est parfaitement visible… sous l’eau, suffisamment pour remplir les chaussures et nous conduire soit à envisager un demi-tour, soit à pratiquer (modestement) l’alpinisme sur les blocs en bordure de l’eau. Un moment de franche rigolade…

Après avoir salué Aubert et Aumar, les deux lacs du lieu, l’un et l’autre ne semblant pas avoir vieilli, le temps un peu menaçant et le profil du reste du circuit aussi, plutôt que d’aller chercher la crête d’Est-ce tout doux… oups : la crête d’Estoudou, nous choisissons de rentrer par la route. Elle est très sinueuse mais avec l’avantage d’une descente régulière sans cailloux irrégulièrement disposés.

Et c’est l’installation au refuge où il n’a pas échappé à certain(e)s qu’il y avait un bar… ! Là, si l’espace est mesuré, le service et la nourriture sont très satisfaisants. Dans un refuge, on trouve des dortoirs et dans les dortoirs, des lits superposés. Il est toujours aussi amusant de voir les « bagarres » qu’il peut y avoir pour obtenir les lits du haut… parce que l’air y serait plus pur ?

 

Mardi 29 août. Z’avez bien dormi ? Bof, non, oui, ne sais pas ! Sans doute l’effet de l’altitude.

Mais tout va bien : on nous annonce du beau temps.

Le circuit du jour part de 1600 m d’altitude pour en atteindre 2260 m au point ultime. Fort… ou pas de l’expérience d’hier, nous proposons deux niveaux de randonnée sur le même circuit. Mieux vaut se faire plaisir que se faire mal.

Après les « formalités » d’enregistrement des véhicules sur le parking (payant, bien sûr) d’Artigusse, c’est la montée (220 m) vers le lac de l’Oule… asséché pour cause de travaux sur le barrage. Devant nous, une sympathique cuvette vide de 2 km de long au fond de laquelle coule le filet d’eau du ruisseau qui l’alimente.

Qu’à cela ne tienne : 350 m plus haut, on se rattrape avec le premier des lacs de Bastan, le lac Inférieur. Paradoxal, non ?

En cours de route (absolument pas bitumée !), on rencontre la cabane de Bastan, p’tit coin peinard pour un pique-nique tranquille. Pas de moustiques ; pas les odeurs des barbecues des voisins ! Quelques arpents plus haut et ce sont les lacs du Milieu. Là encore, une invitation au pique-nique avec des canards qui viennent presque vous dégourdir les orteils.

Mais nous ne sommes qu’aux lacs du milieu, à 2200 m. Il reste encore le lac Supérieur, en passant près du refuge de Bastan, et 60 m de grimpette. Ce sera le bout du chemin. Là, devant nous, la silhouette élancée et tentante du pic de Bastan (2715 m) mais, c’est promis, ce ne sera pas pour aujourd’hui.

Nous redescendons par le sentier qui passe au milieu des lacs… du Milieu avant de retrouver le chemin du retour identique… à quelques variantes près, à celui de l’aller.

Le lac de l’Oule est toujours à sec et ce jusqu’au 31 décembre. Nous décidons à l’unanimité de ne pas attendre son remplissage. Comme l’ont dit certains : nous ne l’avions jamais vu comme ça… et nous ne le reverrons peut-être jamais plus comme ça.

Retour au refuge pour notre deuxième et dernière nuit dans les « neiges vieilles ». En ce cas, pourquoi ne pas y prendre le « pot de l’amitié » ?

 

Mercredi 30 août. C’est décidé : nous sortons de notre réserve. De la vallée d’Aure, par une petite route touristique et sinueuse à souhait, nous basculons dans le val Roulon… oups : le val Louron. Après la charmante ville de Loudenvielle, lieu qui rappellera quelques souvenirs à quelques anciens, il suffit de suivre la petite route qui s’arrête à Pont du Prat et dessert la centrale électrique de Tramesaygues.

Ici, il s’agit de faire un aller-retour dans les gorges de la Clarabide jusqu’au refuge de la Soula. Ces gorges ont été creusées par la Neste de Clarabide et autres torrents provenant des nombreux lacs prisonniers des montagnes environnantes.

Ce chemin à flanc de gorge n’a pas été aménagé pour le plaisir des randonneurs mais pour permettre la construction de la centrale électrique de la Soula mise en eau en 1932.

Le refuge qui la jouxte était le bâtiment abritant les ouvriers du chantier.

Le circuit du jour nous mènera de 1200 à 1700 m d’altitude sur 5,5 km et, comme hier, nous organisons deux niveaux de randonnée. N’oublions pas qu’il faut rentrer à Bordeaux au retour de la balade. Nous démarrons sous un ciel gris qui s’éclaircira au fur et à mesure que nous monterons. Les plus téméraires iront un peu au-dessus du refuge pour pique-niquer au bord d’une cascade. En poursuivant notre chemin, nous pourrions voir quelques sommets connus (dont quelques 3000). Ils n’étaient déjà pas trop visibles à notre arrivée mais, maintenant, ils disparaissent dans la brume. Manifestement, nous n’échapperons pas à la pluie. La sieste est supprimée et, comme le premier jour, il va falloir sortir les parkas, capuches et couvre-sac. Et ne pas manquer d’éviter de glisser sur la pierre mouillée. Pour que la pluie cesse, nos prières de mécréants à Notre-Dame… de la Garde (pas celui de l’ASSM), à l’entrée des gorges, n’ont été prises en compte qu’un peu avant notre retour au parking. Là, fin de la virée et du séjour.

Une inquiétude : depuis ici, les GPS de nos voitures vont-ils savoir retrouver Bordeaux ?

Il reste maintenant à chacun de construire ses souvenirs.

Texte de Jean-Claude… plus ou moins soufflé par les unes et les autres.

Et plein de photos :

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