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Rando santé du mercredi 30 mars 2022 au Taillan-Médoc.

Malgré des annonces cataclysmiques de la météo, ce sont 14 irréductibles qui ont squatté les places de stationnement limitées (sauf le mercredi) devant les écoles Eric Tabarly du Taillan-Médoc.

Les premières traces humaines au Taillan remontent au néolithique, une voie romaine y passe en direction de Soulac, un aqueduc a été réalisé à partir des sources du Thil pour alimenter Bordeaux à partir de 1857, longtemps Le Taillan est resté associé à Blanquefort, enfin des blockhaus (dont certains existent encore sous la végétation) ont défendu les approches de Bordeaux par la route du Médoc. A noter Le Taillan et le Thil ont la même origine : le tilleul. Des personnages célèbres comme le poète La Boétie et son ami le philosophe Michel de Montaigne ont séjourné dans le quartier de Germignan.

En traversant le parc du Vivier, c’était déjà le printemps et les pommiers en fleurs. Après avoir longé le mur hérissé de tessons de bouteilles, sur invitation de la Dame Blanche, nous avons remonté la grande allée d’accès au Château du Taillan. Les arbres sont magnifiques et le parc remarquablement entretenu. A droite les locaux de service du domaine, avec la cloche-sonnette et l’escalier de pierre vers les bureaux d’accueil. Plus bas, on verrait la Vacherie au-dessus des prairies des bords de Jalle.

Ce domaine datant des moines de Sainte-Croix au moyen-âge, a appartenu aux Durfort, seigneurs de Blanquefort. Plus tard les marquis de Lavie lui ont donné son aspect actuel au XII° siècle. Henri Cruse (des Cruse du duché d’Holstein, arrivés dans le bordelais au début du XIX°), acquiert la propriété en 1896 et lui redonne sa destination viticole. Quatre générations plus tard, ce sont cinq sœurs qui gèrent le domaine familial et ses vignes. La Dame Blanche n’est pas l’une d’entre elles, mais Blanca, fille d’un sarrasin installé à Macau, et abattu d’un coup de fléau par Charles Martel à Poitiers en 732. Séduite par les lieux ou par un Taillannais, elle y fit bâtir une forteresse attestée par des documents du XII° siècle. En automne, lorsque la brume blanche s’étend sur les coteaux, on dit que la Dame Blanca vient protéger son domaine !

Le château, sa façade, ses toitures et ses caves voûtées sont monuments historiques depuis 1964. Les 30 ha de vignes (merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon) font l’objet de la taille traditionnelle dans le Médoc (guyot double). Le vin (cru bourgeois supérieur appellation Haut-Médoc) dort pendant un an en barriques de chêne merrain dans les chais du XVII° aux arches, et doubles voûtes, classées eux aussi.

En traversant le parc, nous découvrons le retable souligné de marbre rose (réalisé entre 1744 et 1758) de Pierre Vernet, pour une chapelle à l’abandon à Bordeaux rue de Tauzia, et déplacée par Henri Cruse en 1913 dans son domaine. Il manque la peinture centrale (assomption de la Vierge) ; les panneaux latéraux présentent des chérubins et des symboles de la Passion ; le tout est couronné d’une gloire avec colombe et rayons de lumière.

 

En sortant du parc, nous traversons les vignes et les bois en direction du chemin de la Belgique. Des cognassiers aux élégantes fleurs roses en boutons, attirent notre attention. Dans un enclos deux chevaux superbes, l’un noir uni, et l’autre multitache tricolore, nous regardent passer. Près de la demeure (château XIX°) de Lagorce, des chélidoines (herbe à verrues) fleurissent le long du mur.

Nous traversons l’avenue de Soulac au niveau du Carrefour Market et remontons vers le rond-point des Amoureux pour trouver le chemin en sous-bois vers le quartier de La Landotte et le parc du Poujeau. Le retour se fait à travers le vieux Taillan vers l’église St Hilaire (existant depuis le X°, tour-porche carrée du XV°, restauration du clocher au milieu du XX°). Après nous être penchés au-dessus du lavoir pour entendre tous les potins du Taillan depuis 1874, nous avons visité le Parc du presbytère où les prêles des prés font déjà grandir leurs curieuses hampes fertiles en forme de champignon étroit, et leurs tiges stériles vertes et ébouriffées.

Gisèle d’un seul regard, arrête un énorme poids lourd pour nous faire traverser l’avenue de Soulac jusqu’au parking !

Nous n’avons pas eu de pluie ! A la semaine prochaine à Gradignan.

Texte d'Hervé, photos de Gabriel

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