Encore une petite semaine a tirer et 2020 sera derrière nous. Ouf !
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Ah oui mais 2021 sera alors devant nous et, par ce que nous en savons, avec beaucoup de ???. Comment envisager notre petit futur avec autant d'incertitudes ? Quels projets échafauder ? Qu'en pense le petit Corona ? A l'image du Brexit, ne pourrait-on pas négocier le Covidexit ? Hou là, là ! Il va sans doute falloir être très prudent sur la nature et la formulation des vœux que l'on adressera ici et là.
A propos, Covid, de quel genre est-ce ? Vu son caractère, il y aurait fort à parier que ce soit du genre féminin... Ce n'est pas la raison qu'a retenue l'Académie française. Le 7 Mai dernier, pour des raisons assez complexes que vous pouvez aller chercher, elle préconise le genre féminin, donc, ce serait LA Covid. A chacun son métier.
Dans l'immédiat, c'est Noël qui est derrière nous. Entre cette fête un peu dénaturée et une météo à vous faire
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apprécier le confinement, on se sentirait confiné psychologiquement qu'il n'y aurait rien d'étonnant et prêt à céder au virus de la déprime. Aussi, près l'ivresse (très tempérée) du réveillon, où il y avait plus de dindons éloignés des tables que de dindes sur ces mêmes tables, pourquoi pas le grand air et l'ivresse des cimes ?
Pour ça, nous pourrions remonter à Août 2010 et refaire ensemble le petit circuit très brièvement décrit ci-après. Cette année-là... tsoin, tsoin, sur une chanson... oups ! sur une proposition d'André, un quarteron de cinq modestes montagnards partit à l'assaut de l'Everest... des Pyrénées françaises : le Vignemale, un gros tas de cailloux culminant à 3298 m d'altitude. Comme avec les "trois mousquetaires" qui étaient quatre, vous verrez ici quatre montagnards qui étaient en réalité cinq. Voir sans être vu, comme diraient les militaires.
En 2010, il restait encore un peu du glacier d'Ossoue. Celles et ceux qui y sont revenus en Août 2017 pourront constater la fonte accélérée du glacier. Et si on remonte à 1890, lorsque le comte Henry Russell fit creuser trois grottes près du col du Cerbillona (photos dans le diaporama), au niveau d'alors du glacier, vu le nombre de mètres d'écart, il ne devrait plus y avoir de doute sur le réchauffement climatique. Sauf à envisager un microclimat.
Donc, au chant du coq (ils pullulent dans le coin), mais pas avant 6 heures (eh oui, le couvre-feu, chef !), nos petits randonneurs partirèrent, partissirent,... partent du refuge de Baysselance où ils ont passé la nuit après la grimpette du Petit Vignemale la veille. Comme vous le constaterez, sur le glacier, ils sont encordés. La peur de se perdre ? Le respect scrupuleux des mesures de distanciation physique anti-Covid ? Simplement une mesure de sécurité au cas où un pont de neige s'effondrerait sous les pas de l'un des leurs. En pareil cas, deux solutions. La plus facile : couper la corde, recouvrir proprement et poursuivre sereinement sa route. La moins facile : moyennant une technique appropriée, extraire la victime du trou dans lequel elle est prisonnière. Le choix entre l'une ou l'autre solution dépend beaucoup de qui est dans le trou...
Une fois passée la brèche de Gaube, avec son couloir du même nom qui permet une descente (très) rapide de 1000 m
d'un coup vers le refuge des Oulettes, toujours de Gaube, la Pique Longue du Vignemale n'est plus très loin. Une fois là-haut, admettons qu'on a quand même un coup d'œil unique sur les alentours. Cette dernière escaladée, pourquoi se précipiter pour retrouver le bas monde ? Pendant que nous sommes dans le secteur, profitons-en pour poursuivre sur la crête frontière franco-espagnole. On enjambe ainsi le Cerbillona (3247 m) et le pic Central (3235 m) dans la foulée. Petite situation parfois inconfortable : il peut arriver que l'on ait à la fois un pied en France quand l'autre est en Espagne.
A part ça, voilà un contrat qu'il est bien rempli ! 3298 + 3247 + 3235 = 9780 m de dénivelée positive dans la journée. Pas trop mal pour des montagnards d'occasion, en pyjama, confortablement installés dans leur fauteuil ! Après ça, la conscience du devoir accompli, on peut redescendre au barrage d'Ossoue où nous attendent les chevaux vapeur qui nous ramèneront du côté de chez nous... avant 20 h, bien sûr, couvre-feu oblige.
Avant de démarrer, si vous voulez vous mettre dans l'ambiance, un petit conseil pratique : inutile de fixer les crampons sous les chaussons ; la moquette n'apprécierait pas forcément. On y va ?
Et pendant que vous déambulez dans ce cirque grandiose, imaginez-les installés devant les grottes Russel, à près de 3200 m d'altitude, les notes résonnant jusqu'au fond de la vallée :
En espérant malgré tout une bonne nouvelle année !
Texte et photos : Jean-Claude