Discrètement, en cette fin d'hiver, une bande de raquetteurs est allée tester la
poudre blanche à Fajola. Fajoquoi ? Hou là, là ! Rentreraient-ils du Pérou ? Plus surement de Bolivie. Seraient-ils allés faire de la raquette à neige dans la Cordillère des Andes ? Voilà bien une idée qui pourrait tomber dans l'oreille d'un animateur entreprenant. En tout cas, ils reviennent quand même un peu bronzés.
Mais pourquoi n'étaient-ils que 32 sur les 260 adhérents que compte le club ? Parce que les 228 autres cherchent toujours… Fajola alors qu'un moteur de recherche normal vous en propose une charibotée en quelques secondes. Ne reste plus qu'à trier et à trouver… Payolle, le Fajola d'aujourd'hui, hameau de la commune de Campan, en Haute-Bigorre, tout ça en Occitanie évidemment et encore en France.
Nous avons rendez-vous à Gripp (inutile de vous râcler la gorge !), au Centre d'accueil "les 4 saisons" (comme le choix n'est pas proposé, sur laquelle tomberons-nous ?) où nous atterrissons le vendredi soir. Centre d'accueil est effectivement bien choisi car il est en effet… accueillant. C'est bien la première fois qu'il nous est donné d'obtenir un pique-nique sur mesure et avec le choix du menu. Sans doute une adresse à retenir.

Le temps de poser les sacs et, peut-être, pour les personnes organisées, de faire leur lit, il est déjà l'heure de l'apéro, moment sacré s'il en est d'autant qu'il est offert par la maison. Bien qu'aucune étude sérieuse n'ait été menée sur le sujet, il est avéré que le niveau des décibels a tendance à augmenter à mesure que le niveau du liquide baisse dans les verres. Cet instant est toujours un bon test de la qualité de l'acoustique des locaux. Mais, direz-vous, ne sont-ils venus que pour ça ? Eh, parfois, on se le demande.
Alors, au fait, que sommes-nous venus faire ici ?
Après un dîner très convenable, les animateurs nous ramènent aux (douloureuses) réalités avec ces mots qui font mal : dénivelées, distance, niveaux, météo, risque d'avalanche marqué, … Bref, de quoi vous bloquer la digestion et vous filer des insomnies.
Ce Samedi, pour la bande du niveau 2, départ près du lac de Payolle. De là, on
rejoint le col d'Aspin et, par la crête de Bidour, on file vers la Hourquette d'Ancizan avant de redescendre à Payolle. Fastoche ! Bien sûr, en cours de route, de ci, de là, ça monte et ça descend mais… il va faire très beau.
Pop, pop, pop ! Avant de batifoler dans la neige, il faut en passer par le test des DVA (Détecteur de Victime d'Apéro). Ouh là là là là là là ! En plus d'une atroce cacaphonie, pas un en-dessous de 0,2. Et ça dès 8 h 45, sous le soleil matinal, avec 3 °… au thermomètre. Consternant ! On a même vu une dam… euh, pour ne désigner aucun participant en particulier, nous dirons une personne, qui frôlait les 3,5, prétendait qu'il y avait du brouillard et, évidemment, ne captait rien. Une fois tout remis en ordre, le groupe et ses 36 raquettes se sont mis en branle. Par des sentiers en forêt avec ou sans neige, on accède au col d'Aspin d'où on commence à découvrir les vallées de Payolle/Campan d'un côté et celle d'Aure de l'autre. Particularité avec les raquettes : les dames ont souvent recours aux cales de montée. Est-ce l'impression de randonner en talons aiguille ? Sans doute ! Certaines poussent même la coquetterie jusqu'à les garder dans la descente. En ce cas, la logique voudrait qu'elles descendent à reculons, ce qui leur éviterait les… hésitations dans les pentes un peu raides.
Arrivés sur la crête de Bidour, une participan.., pardon, une personne, a aperçu la grande bleue avec, au loin, des voiliers qui dansaient au rythme des vagues quand d'autres ont simplement aperçu le lac de Payolle. Les personnes charitables ont mis ça sur le compte de l'ivresse… des cimes ! Comme le soleil montait et nous aussi, nous avons fini par échouer sur le point culminant du jour : le Plo del Naou (1754 m) où nous avons pu festoyer au balcon, sous le soleil et avec un chouïa de vent juste ce qu'il fallait pour ne pas transpirer. Et puis, la sieste ayant été arbitrairement supprimée, ce fut la descente (et quelques remontées) vers la Hourquette d'Ancizan avant de dégringoler (certain(e)s ont tenu à montrer leur aptitude en la matière) vers Payolle. A une intersection de sentiers, nous tombons sur nos collègues du niveau 1 qui rentrent d'une dure journée de labeur avant de retrouver Payolle et nos voitures. Au bilan, après quelques kilomètres par-ci, par-là, quelques centaines de mètres un coup vers le haut, un autre vers le bas, ce circuit "Ancizan", nous l'avons fait en six heures.
De retour au gîte, obligation de participer au pot de convivialité servi au bar du lieu. En fait de bar, on se serait plutôt cru dans le salon de Madame de Maintenon tant ça philosophait dur sur les sujets les plus variés ou les plus inattendus.
Après un dîner plutôt copieux, les animateurs nous ont encore chargé l'estomac avec le programme du Dimanche et des prévisions météo à vous inciter à rester au lit.
Pour le niveau 2, départ de nouveau près du lac de Payolle pour une boucle par les
vallons de l'Artigou et de Camoudiet. Le ciel, à peu près dégagé jusque-là, se couvre à l'approche des cabanes de Camoudiet où nous choisirons de pique-niquer sous un abri… à moutons, lieu fort adapté pour le troupeau que nous sommes. Sous un ciel chargé qui nous a laissé croire qu'il allait pleuvoir et que le brouillard nous envelopperait, nous avons rebroussé chemin par une sympathique crête. Si les effets conjugués de la météo et le risque élevé d'avalanche se sont traduits par un circuit plus court que celui initialement prévu, il est néanmoins resté agréable.
Une fois bagages et passagers remis dans les bons véhicules, c'est le retour vers Bordeaux.
Et maintenant, en attendant le programme 2019, vous pouvez remiser les raquettes….
Finalement, après ces trois week-end "neige" 2018, ici ou ailleurs, nous y repiquerons sans doute !
Animateurs : Patrick & Sylvie
les photos du narrateur (Jean-Claude) et celles de Christine Martine et Sylvie