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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 08:10
Au dessus des nuages

2016 n’a pas dérogé à la règle : les membres de l’association étaient quatre comme dans les itinérances passées en autonomie, plus mon fils Dominique qui complétait l’équipe.

Deux animateurs : Anne-Marie et Hervé. Eric dit « le porteur d’eau », Brigitte qui a beaucoup souffert d’une inflammation à la hanche. Dominique, grand adepte de l’itinérance en autonomie, en solitaire ou en petite équipe.

itinéraire de la randonnée

Au dessus des nuages

Nous avons croisé quelques personnalités marquantes. Il y a eu le groupe des Tchèques très sympathiques qui bivouaquaient au-dessus de nous à Goriz, et dont l’un des membres était chirurgien et a pu ausculter Brigitte pour la rassurer. Et puis le jeune Belge qui faisait un mois d’autonomie seul dans les Pyrénées, trahi par son désir de parler à quelqu’un. En s’éloignant de St Nicolas de Bujaruelo, nous avons vu arriver Zézette (des Visiteurs), avec sa tenue longue et colorée, ses escarpins dorés, son caddie pour ses affaires, et son petit yorkshire dans un sac. Et puis il faut citer aussi le papou nudiste sexagénaire avec ses deux morceaux de tissus à la ceinture et son gros sac à dos. Quelques jeunes couples français croisés dans la montagne : deux arcachonnais qui peut-être reprendront contact, et deux parisiens en route pour le chemin des chasseurs.

Nous devons souligner la qualité de l’accueil au refuge de Goriz. Ce refuge a été agrandi et les sanitaires améliorés par rapport à ce que nous avions vu lors de la virée au Mont Perdu ; d’où une zone de bivouac plus propre. Les gérants sont attentifs aux problèmes des pratiquants, et très sympathiques.

Le camping Rio Ara à Torla a toutes les qualités : accueil, environnement fleuri, emplacements, équipement, propreté, tarifs, un bar, proximité du centre de Torla etc. A recommander.

Au fil du temps :

  • Col de Tentes, parking saturé. Les travaux du refuge des Sarradets en font la base logistique (hélicoptère). Ce refuge, à moitié ouvert cette année, sera fermé en 2017, et rouvrira en 2018.
  • Entre la Forqueta del Gabietou et les Vires de l’Escuzana, il y a un passage un peu pourri qui demande attention. Les deux versants du col de la Puenta la Catuarta, sont des pierriers un peu délicats.
Au dessus des nuages
  • L’entrée de la Vire des Fleurs est dans le prolongement direct du chemin descendant au sud des prairies basses de la Catuarta. Il y avait de l’eau apte à être bue après pastilles micropur. Bivouac très utilisé, sol un peu humide mais plat et moelleux.
  • La Vire des Fleurs est un passage mythique, à éviter si vertige, mais entièrement sûre par temps correct. Des paysages, des à-pics, des fleurs, des couleurs … C’est énorme. Le nom vient sans doute des édelweis qui abondent non seulement dans ce passage, mais partout sur notre itinéraire.
  • A la sortie côté Catatuero, bien contourner les lapiaz par l’ouest, puis remonter dans la Ribera de Mondarruego par le déversoir et atteindre au nord une petite cheminée, donnant ensuite accès au col de Millaris, d’où l’orage nous a accompagnés avec ses joyeux grêlons jusqu’à Goriz.
  • L’orage s’est dégonflé aussi vite qu’il était venu et nous avons pu monter notre bivouac pour deux nuits, un peu ventées et fraîches. Au matin traces de gelées dans l’herbe.
  • Mercredi, Brigitte garde le campement, et départ à quatre vers le col d’Arrablo, puis sur le GR11 les hautes vires de las Solas, accompagnés d’isards, marmottes, vautours et même gypaëte. Deux passages avec chaînes, mais plus importants sur le papier que sur le terrain. A posteriori nous constaterons que notre sentier passe de façon impressionnante au bord des falaises dominant le canyon d’Anisclo.
  • Déjeuner au premier col d’Anisclo, dominant la vallée de Pineta, puis descente dans Anisclo. Le rio bondit de cascades en bassins verts et bleus lumineux, creuse sous les anticlinaux de ses rives et rejaillit en cascades en forme d’éventails. La végétation passe de l’étage alpin à un étage méditerranéen et forestier à l’échelle de 600 m.
Au dessus des nuages
  • A l’intersection de la Fuen Blanca, nous remontons au nord ouest par le barranco Arrablo vers Goriz, après avoir rempli nos bouteilles et gourdes (au blanc cassis, bien sûr) derrière la Mallata (petit abri en pierre couvert de pierres). Petites cheminées pour franchir les barres rocheuses. Nuit plus fraiche à Goriz.
  • Au matin descente vers la cascade de la Cola de Caballo, en évitant les chaînes de la dernière barre rocheuse. Dominique continue par la Faja de Pelay, d’où il accède par le haut du chemin des chasseurs à la corniche de las Cutas, aux belvédères sur Ordesa, et au sentier de Torla via la chapelle de Sta Anna.
  • Entre temps nous descendons vers le parking de la Pradera, par les cascades des Grados de Suaso et d’Estrechos. Merci à madame le garde du Parc National dont le véhicule dispense Brigitte des derniers kilomètres. Et nous nous retrouvons vers 15h au bar de La Pradéra. Bus pour Torla à 15h15, et direction le camping duRio Ara, où Dominique nous rejoint vers 18h. Douche et restaurant (çà nous change des lyophilisés !).
  • Au revoir Brigitte qui attend Eric au camping, avec une partie de nos charges. Départ de Torla après un café au bar du camping, passage au Puente de los Navarros, et montée vers Bujaruelo par la faja dominant les Estrechos de los Navarros (col de Cebollar).
  • Déjeuner près du pont de St Nicolas de Bujaruelo (la plage) et remontée de la montagne vers Boucharo (2h40 entre le pont et le col). Arrivée aux voitures à 16h, bercés par le bourdonnement de l’hélicoptère des Sarradets. Eric fera le grand tour pour n’arriver que vers 21h à Torla.
  • L’an prochain, on pourrait faire ce qui nous manque : les barrancos Capradiza et Pardina, le Mondoto et les Sestrales, la Pardina del Senor, Fanlo et la faja de Pelay. A réfléchir. Mais ce sera l’année prochaine !
Au dessus des nuages

Techniques de bivouac. Nous avons procédé de quatre façons :

  • Tente deux personnes

Espace clos par deux épaisseurs respirantes - 2 kg minimum mais portage réparti possible

  • Tente une personne

Espace clos par deux épaisseurs respirantes - Autonomie par rapport au groupe - 1,2 kg minimum

  • Abri bivouac

650 g, toile unique - Artisanal : Bâtons de marche, plus petit arceau alu, toile refermée par épingles à linge - Le vent arrive à passer s’il n’y a pas de jupette au contact du sol - Couverture de survie comme tapis de sol

  • Sursac

460 g pour un modèle de base étanche - La condensation dans le sursac diminue la protection thermique - Il vaut mieux dormir sur le sursac sauf si pluie - Couverture de survie en dessous, puis rabattue par-dessus et tenue par des cailloux (vent)

Toujours prévoir mousse ou matelas :

Les matelas mousse sont légers (250 g), les autogonflants sont lourds, les gonflants sont légers et épais (mais à gonfler). La couverture de survie évite les remontées d’eau du sol. Des duvets « moyens » (confort 10°) étaient suffisants.

Gestion de l’eau

Le besoin en eau étant d’environ 3l par jour, soit 3 kg à porter (voir poids du sac), il est nécessaire d’utiliser les fournitures locales avec ou sans pastille de purificateur. Seul le premier bivouac posait problème, aussi chacun s’est-il chargé en conséquence le premier jour. Toutefois les ruissellements n’étaient pas taris, et se sont révélés utilisables avec prudence. A la Fuen Blanca, nous avons aussi prélevé de l’eau dans le ruisseau de la cascade. A Goriz et Torla, pas de problème d’approvisionnement.

Gestion de la nourriture

Gestion individuelle. Recommandé pour quatre jours : prendre trois jours plus le petit déjeuner du quatrième. Il nous a suffi de compléter au niveau de Torla (restaurant plus compléments)

Poids du sac

Suivant les personnes, les sacs, sans eau, oscillaient entre 10 kg et 13 kg. Il n’est pas évident d’arriver à ce poids brut, et des choix ont du être faits par chacun. Un maximum de 25% du poids pour un homme, et 20% pour une femme sont des normes moyennes. Tout dépend de la condition physique.

Pour l’animateur il faut compter aussi un peu de poids pour un peu de sécurité collective (corde etc), sans se surcharger.

C’est un exercice très instructif d’établir l’inventaire du sac, en calculant son poids.

Hervé

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Published by Hervé
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