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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 21:04
Le cerf brame

Samedi 5 octobre 2013 19h – Parking de la lagune de Contaut - Animateurs : Dominique Conte et Hervé Le Gal - Les dernières lueurs d’une journée lourde du trop-plein des cumulo-nimbus, étendaient leurs pastels sur les eaux tranquilles de la lagune de Contaut. Vingt trois marcheurs se faufilaient sur la passerelle forestière, dominant les touradons d’osmondes royales et les ombres du sous-bois de bouleaux d’aulnes et de bourdaines. Un garde forestier, coureur à pied, nous a salués en arrivant à l’aire de pique-nique sous les maisons forestières de Petit Mont. Après s’être sustenté pour affronter notre périple, et avoir été abreuvé de consignes de sécurité pour ce type de rando, tout le groupe a démarré à la file indienne, en silence, et sans aucune aide lumineuse vers 20h15.

Dès la traversée de la grande digue, nos yeux s’étaient habitués à détecter chemin et obstacles végétaux, et nos oreilles faisaient connaissance avec les premiers brames des cerfs dans le lointain. La nuit, étoilée à l’extrême, maintenait une clarté paisible et automnale sur les eaux du marais, à peine ponctuée de quelques appels des appeaux au passage près des tonnes des chasseurs du marais. Les phragmites nous caressaient doucement le visage.

Le long de la grande prairie aux ornières très traitresses, deux groupes distincts des appels rauques et vibrants des cerfs, nous les situaient à l’ouest et au nord, dans les zones dunaires. Quelques chûtes soulignées de fou-rires, mais pas de problème dans notre progression jusqu’à la piste cyclable.

Evidemment, vingt trois paires de chaussures de marche, progressant sur un sol facile, cela s’apparente à une charge d’éléphants avec le bruit sourd, mais hélas audible pour notre gibier. Déjà dans le chemin longeant la dune boisée vers le nord, il a fallu resserrer les rangs pour garder un contact physique entre les participants, Mauricette n’ayant pas envisagé de nombre limite de randonneurs perdus. Dans cette phase, nous avons du nous trouver à environ cent cinquante mètres d’un cerf ; en fait, ce cri est impressionnant au point que si on les recherche, on craint aussi un peu de se retrouver nez à muffle !

La première remontée de dune nous a fait comprendre l’orientation de celles-ci, et l’effet perturbant du dénivelé dans du sable mou sur notre souffle. L’arrêt au sommet de la dune était bien mérité. Descente paisible vers la première grande piste, puis piste forestière blanche, avant de descendre entre les dunes, jusqu’à une obscurité absolue. C’est dans ce genre de situation, comme disait Anne, que des liens étroits se forment pour ne pas se perdre ! Circulons, il n’y a rien à voir, même pas le garde-feu du Flamand que nous avons pourtant coupé ! Après le passage du réservoir, descente vers le grand garde-feu de Hourneau. De temps en temps un brame dans le lointain, mais nous étions déjà blasés.

La deuxième remontée de dune nous faisait sentir la fin du périple. Quoique ce petit chemin, agréablement bordé et envahi par les ajoncs, n’a laissé personne indifférent. Plusieurs ont gagné, d’abord au grattage des jambes, suivi pour certains du tirage des épines malencontreusement embarquées au passage.

Nous avions fait preuve d’une discipline rigoureuse le long de la route jusqu’aux voitures. Nous avons parcouru environ 9 km en trois heures et demie, notre objectif était rempli, grâce aux cerfs, aux étoiles et à la météo. Les animateurs ont clos le périple par une collation sur parking.

Clos, enfin il faut tout de même dire que certains ont eu du mal à s’arracher aux délices des virées nocturnes. Jacques en particulier, avait vidé sa batterie pour être sûr de jouer les prolongations ! Voyez les photos de Bernard : un coup on pousse en marche avant, un coup on pousse en marche arrière. Cet élégant ballet, au rythme des accents lointains des olifants sylvestres, a été interrompu vers 1h30 par le dépanneur de Lesparre.

Hervé

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Published by Michelrando
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